Les 600 passagers des trains de nuit Paris-Briançon et Paris-Cerbère ont
été bloqués quatre heures en gare de Beaune, dans la nuit du 2 au 3 août.
La locomotive a heurté un animal sur la voie et a du être remplacée.
Le Paris-Briançon, la ligne la moins ponctuelle de France, n’a encore pas
failli à sa réputation, et a entraîné avec elle le Paris-Cerbère. Dans la
nuit du 2 au 3 août, les passagers des Intercités de nuit à destination des
Hautes-Alpes et des Pyrénées-Orientales, se sont retrouvés naufragés du
rail en plein milieu de la Côte-d’Or.
Partis à 20 h 57 de la gare d’Austerlitz à Paris, les deux trains, couplés
jusqu’à Valence, se sont d’abord arrêtés quelques minutes en gare de Dijon,
puis ont poursuivi leur route. La locomotive heurte alors un gros sanglier
vers 0 h 20 à hauteur de Gevrey-Chambertin et le convoi s’immobilise en
gare de Beaune. L’électricité est coupée, la climatisation s’arrête. “Les
contrôleurs ont ouvert les portes et dehors, ont annoncé qu’il y avait un
problème avec la locomotive qui ne pouvait plus nous tracter. On a attendu
au moins une heure et demie, deux heures, le temps qu’une deuxième
locomotive vienne et se place devant le train”, témoigne Fabien, 32 ans,
qui partait pour une semaine de randonnée à Briançon. La locomotive de
rechange a été réquisitionnée au dépôt de Dijon-Perrigny, non loin.
Les voyageurs indulgents et patients, les cheminots “super pro”
Les passagers prennent leur mal en patience et descendent petit à petit sur
le quai pour fuir les voitures où la climatisation est coupée et où la
température monte vite. “Personne n’était énervé”, explique le voyageur.
“Il y a des gens qui ont commencé à installer leurs lits sur le quai de
gare à Beaune. Il y en a qui ont joué aux cartes en patientant. Ça a créé
pas mal de discussions entre les uns et les autres. Les gens ont discuté
entre eux. C’est plutôt une bonne ambiance”, sourit Fabien.
L’humoriste Magali Gio, qui se trouvait dans le train pour Cerbère, s’est
amusée sur Instagram de voyageurs ayant continué leur nuit sur le quai de
la gare.
Le convoi de 14 voitures repart au bout de quatre heures, vers 4 h 30 du
matin. “Je veux tirer mon chapeau aux conducteurs et aux contrôleurs”,
souligne Julien, un autre passager. “Quand les conducteurs discutaient, on
entendait qu’ils cherchaient la meilleure solution pour nous remettre
rapidement la clim et repartir. Nous, on n’était quand même pas si mal, eux
n’ont pas arrêté, ils étaient trempés, il faisait chaud et pour autant ils
étaient sympa avec les gens, ils ont assuré pour les renseigner et les
rassurer”, tient-il à préciser. Le voyageur se dit “plutôt satisfait de la
gestion par la SNCF car on a vu qu’ils ont mis les moyens nécessaires pour
remédier à la situation, les cheminots ont été super pro.”
Les passagers sont arrivés à Briançon à 12 h 10, soit avec quasiment quatre
heures de retard, et à Cerbère, sur la côte Vermeille, à 14 h, soit avec
quasiment cinq heures de retard. Les 600 passagers ont été ravitaillés en
coffrets repas à Valence, indique à ICI Bourgogne SNCF Voyageurs. “Le
voyage fait partie des vacances, ça compte tout autant que la destination
et ça a son lot parfois d’anecdotes et de péripéties”, relativise Fabien,
au téléphone, enfin arrivé au pied des fortifications Vauban de Briançon.
La ligne Paris-Briançon est connue pour être la moins ponctuelle de France
toutes catégories confondues : en 2025, à peine plus d’un train sur deux
était à l’heure. Le Paris-Cerbère s’en sort bien mieux : en 2025, plus de
huit trains sur dix étaient à l’heure.
Source: ici fr

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