Le marché ferroviaire français confirme sa dynamique de croissance et une
amélioration de la qualité de service, mais des enjeux d’investissement
demeurent.
L’Autorité de régulation des transports (ART) publie mercredi son rapport
complet d’observation du marché français du transport ferroviaire en 2024,
qui vient compléter l’Essentiel du marché du transport ferroviaire, publié
en décembre 2025, au travers d’analyses thématiques portant notamment sur
l’organisation de l’offre ferroviaire en France et la qualité de service.
Trois enseignements ressortent particulièrement de cette prise de recul sur
l’évolution du secteur.
Premièrement, la dynamique de croissance du marché ferroviaire, soutenue
par le développement de la concurrence, bénéficie aux usagers et facilite
le financement des services conventionnés régionaux.
Deuxièmement, la ponctualité s’améliore en moyenne pour tous les services
ferroviaires : l’ART lance à cet égard son application Préviseo, conçue
pour contribuer à éclairer l’ensemble des usagers sur la fiabilité de
l’offre ferroviaire en France.
Troisièmement, malgré cette dynamique positive sur le volet des services,
le niveau d’investissement dans le renouvellement du réseau demeure
insuffisant pour contrer le vieillissement de l’infrastructure.
La dynamique de croissance du marché ferroviaire, soutenue par le
développement de la concurrence, bénéficie aux usagers et facilite le
financement des services conventionnés régionaux
L’année 2024 est marquée par un record de fréquentation des trains pour les
services librement organisés comme conventionnés. La fréquentation des
trains a ainsi dépassé le niveau de 2019 de plus d’un tiers (35 %) pour les
services conventionnés interurbains et de 12 % pour les services à grande
vitesse.
La ponctualité et la régularité de l’offre ferroviaire se sont sensiblement
améliorées en 2024, pour les services conventionnés comme les services
librement organisés. Afin de fournir un éclairage complémentaire sur la
ponctualité des trains, l’ART met à disposition un outil en accès libre (
previseo.autorite-transports.fr/) de suivi, à la maille liaison,
des indicateurs de taux de retard de l’ensemble des trains de voyageurs
opérés en France.
Le renouvellement des voies du réseau ferré national (RFN) a augmenté sur
les lignes classiques mais diminué pour les LGV. Au global, près de
1 200 km de voies ont été renouvelés en 2024, soit une hausse de 16 % par
rapport à la moyenne observée sur la période 2015-2021, portée par la bonne
exécution du programme d’investissements de SNCF Réseau. En revanche, les
investissements pour le renouvellement des LGV ont notablement baissé en
2024 (-17 %). Le niveau de dépenses d’investissements consacrées au
renouvellement du réseau ferré reste ainsi inférieur sur les dernières
années (hors inflation) au niveau qui était observé en 2019.
Ces efforts demeurent insuffisants pour contrer le vieillissement de
l’infrastructure. À fin 2023, près de 2 600 km de voies du réseau
structurant avaient déjà atteint leur durée de vie théorique, et près de
300 à 400 km de voies supplémentaires du RFN arriveront à cette même
échéance chaque année d’ici à 2029.
L’indisponibilité du RFN liée aux travaux continue d’augmenter en dépit
d’un taux d’utilisation partiel des capacités mobilisées. En 2024, près de
14 % de la capacité de réservation du réseau a été neutralisée du fait de
la programmation des travaux, soit un doublement depuis 2019.
Ce chiffre atteint 54 % sur le réseau utilisé par les trains de nuit. En
outre, entre 21 % et 26 % des fenêtres de travaux programmées ne sont ni
utilisées par SNCF Réseau ni restituées, limitant ainsi la capacité de
circulation effectivement offerte aux entreprises ferroviaires. Le
gestionnaire d’infrastructure s’est engagé à ramener le taux de
non-utilisation à 10 % d’ici à 2030 dans le cadre de la mise en place du
mécanisme incitatif à la restitution des capacités-travaux non utilisées
que l’Autorité lui avait enjoint d’instaurer dans une décision de règlement
de différend.
Source : LeRail.com

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