Rapport de la FIF sur les délais de mise sur le marché des matériels roulants

Ce rapport montre que le Time To Market des matériels ferroviaires en
France dépasse souvent 7 ans, nuisant à la compétitivité. Les causes
principales sont les exigences extra‑réglementaires, la complexité des RTNN
et des campagnes d’essais lourdes. Les bonnes pratiques étrangères reposent
sur standardisation, plateformes existantes, gouvernance collaborative et
essais optimisés. Le rapport appelle à une action collective pour réduire
de 2 à 3 ans les délais de mise sur le marché.L’étude menée par la Fédération des Industries Ferroviaires met en lumière
les défis majeurs qui pèsent sur le « Time To Market » (TTM) des matériels
roulants en France, dans un contexte de transformation profonde du secteur
ferroviaire, marqué par la mise en œuvre du quatrième paquet ferroviaire,
l’ouverture à la concurrence, et le rôle croissant des Autorités
Organisatrices de la Mobilité (AOM), aux côtés des opérateurs historiques.

Constats clés du rapport :

– Les délais de mise sur le marché restent parmi les plus longs d’Europe,
avec des phases d’homologation qui peuvent dépasser 7 ans pour un nouveau
matériel roulant.
– La diversité des exigences : l’évolution continue du cadre réglementaire
et des référentiels construits sur un long retour d’expérience, associée à
la pluralité des acteurs impliqués et à l’importance des processus
documentaires, renforce les exigences de coordination et peut limiter la
capacité d’innovation.
– Les spécificités locales, la diversité des matériels et la montée en
puissance des AOM, qui financent et possèdent désormais une grande partie
du matériel roulant, accentuent la nécessité de coordonner les
investissements et d’adapter les processus d’homologation. Les comparaisons
internationales montrent que d’autres pays (Allemagne, Italie, Espagne,
Pays Bas, Australie) ont su mettre en place des solutions plus agiles :
mutualisation des commandes, standardisation des plateformes, recours accru
à la simulation, clarification des référentiels, groupes de travail
filière, reconnaissance croisée des essais, implication des constructeurs
dans la maintenance, etc.

Pistes d’action pour la filière française :

1. Simplifier et clarifier les référentiels : accélérer le nettoyage des
RTNN, stabiliser les règles pendant toute la durée des projets, réduire le
nombre de catégories ESC, et favoriser l’adoption de standards européens ou
internationaux.
2. Optimiser l’organisation des essais : développer de nouveaux sites
d’essais ou transformer des sites existants, encourager la reconnaissance
des essais en laboratoire ou par simulation, et faciliter la portabilité
des résultats entre projets et pays.
3. Fédérer les acteurs autour de plateformes communes : mutualiser les
commandes, standardiser les solutions techniques, et associer les AOM,
opérateurs, constructeurs, équipementiers et autorités à la définition de
standards adaptés aux besoins réels.
4. Fluidifier les processus documentaires et administratifs : mettre en
place un guichet unique digitalisé, centraliser les données, alléger la
charge administrative et renforcer la transparence des règles nationales et
locales.
5. Encourager l’expérimentation et l’innovation : promouvoir l’utilisation
de la simulation numérique, organiser des retours d’expérience réguliers,
et accompagner la montée en compétence des nouveaux entrants et des AOM.
6. Renforcer la coopération interprofessionnelle : créer des groupes de
travail thématiques, s’inspirer des bonnes pratiques internationales, et
anticiper collectivement les évolutions technologiques, réglementaires et
industrielles.

En conclusion, la performance collective de la filière dépendra de sa
capacité à simplifier, à mutualiser et à innover, dans un esprit
d’ouverture et de coopération. La Fédération invite l’ensemble des parties
prenantes à s’engager dans cette dynamique, à travers la création d’un
groupe de travail interprofessionnel doté d’une feuille de route claire,
pour faire du « Time To Market » (TTM) un véritable levier de
compétitivité, d’attractivité et de réussite pour la filière ferroviaire
française.

Source : FIF

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